Thèse Coévolution des Inégalités de Revenus et des Contraintes Environnementales un Cadre Ab-Sfc Inspiré du Modèle de Goodwin H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Bordeaux École doctorale : Entreprise Économie Société Laboratoire de recherche : BSE - Bordeaux sciences économiques Direction de la thèse : Maider SAINT JEAN Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-02T23:59:59 Cette thèse étudie la manière dont les inégalités de revenus, l'endettement et les contraintes environnementales évoluent conjointement dans le temps, afin de mieux comprendre sous quelles conditions une économie peut devenir soutenable sans dépendre d'une croissance continue. Dans un contexte marqué par l'aggravation des pressions écologiques et la persistance de fortes inégalités, elle vise à dépasser les approches qui traitent séparément les dimensions sociale, macrofinancière et environnementale.
Le projet s'inscrit dans le prolongement des travaux récents en macroéconomie écologique et en modélisation stock-flux cohérente, tout en mettant davantage l'accent sur le rôle de l'hétérogénéité des agents et des interactions distributives. Il propose pour cela un cadre de modélisation combinant une approche Agent-Based Stock-Flow Consistent (AB-SFC) et une lecture dynamique inspirée du modèle de Goodwin, afin de représenter les mécanismes de rétroaction entre répartition du revenu, accumulation, endettement et contraintes écologiques.
L'objectif est d'analyser comment ces différentes dimensions se renforcent, se compensent ou génèrent des formes d'instabilité dans un contexte de post-croissance. Une attention particulière sera portée aux conflits distributifs, entendus comme les tensions liées au partage du revenu, de la richesse et des coûts de la transition écologique entre ménages, entreprises et institutions publiques. L'approche à base d'agents permettra de représenter explicitement l'hétérogénéité des situations économiques, notamment en matière de revenus, d'accès au crédit et d'exposition aux politiques environnementales, et d'étudier comment ces différences se traduisent en dynamiques macroéconomiques.
La recherche s'articule autour de quatre questions principales. Premièrement, comment les inégalités de revenus, l'endettement et les contraintes environnementales interagissent-ils dans le temps, et dans quelle mesure ces interactions produisent-elles des dynamiques cumulatives ou instables ? Deuxièmement, quels mécanismes économiques et sociaux structurent ces dynamiques, notamment en ce qui concerne le partage du revenu, les comportements de consommation et d'investissement, ainsi que le recours différencié à la dette ? Troisièmement, dans quelles conditions une trajectoire de post-croissance peut-elle être stable et soutenable, c'est-à-dire compatible à la fois avec la réduction des pressions environnementales et le maintien d'un certain niveau de cohésion sociale et de stabilité macroéconomique ? Enfin, quelles politiques publiques sont susceptibles de rendre cette trajectoire socialement viable, en particulier en matière de redistribution, de réduction du temps de travail, de régulation financière et de réorientation de l'investissement ?
Sur le plan méthodologique, la thèse reposera sur la construction et la calibration d'un modèle AB-SFC appliqué à une économie nationale ouverte, à partir de données macroéconomiques, distributives, financières et environnementales. Ce cadre permettra de simuler différents scénarios de transition et d'en analyser les propriétés dynamiques, notamment en termes de stabilité, de régimes transitoires et d'effets non linéaires.
En articulant cohérence macrofinancière, hétérogénéité des agents et dynamiques distributives, cette recherche vise à contribuer à une meilleure compréhension des conditions de possibilité d'une transition vers des trajectoires économiques à la fois écologiquement soutenables et socialement acceptables. Le projet s'inscrit dans le renouvellement récent de la macroéconomie face aux crises environnementales. La montée des contraintes écologiques, en particulier climatiques, remet en cause la soutenabilité d'un modèle fondé sur la croissance continue, et alimente un débat entre approches de croissance verte et perspectives de post-croissance. Parallèlement, les crises financières ont ravivé l'intérêt pour le rôle de la dette, de la finance et de l'instabilité macroéconomique, notamment dans le cadre des modèles stock-flux cohérents (SFC), récemment étendus aux enjeux environnementaux.
Malgré ces avancées, plusieurs limites subsistent : les inégalités de revenus sont encore insuffisamment intégrées, les interactions entre répartition, endettement et contraintes écologiques restent peu étudiées de manière conjointe, et les modèles standards peinent à représenter l'hétérogénéité des agents et les dynamiques non linéaires.
Ce projet s'inscrit à l'intersection de ces champs. Il mobilise la macroéconomie écologique, les modèles SFC et les dynamiques distributives inspirées de Goodwin, en y intégrant une approche à base d'agents, afin de mieux analyser les conditions de soutenabilité des trajectoires économiques dans un contexte de contraintes écologiques croissantes.
Le profil recherché
Le ou la candidat·e devra disposer d'une formation en économie (macroéconomie, économie écologique ou quantitative), avec des compétences en programmation (Python, R ou équivalent). Un intérêt pour la modélisation (ABM, SFC), les inégalités et les enjeux environnementaux est attendu. De bonnes capacités analytiques, une maîtrise de l'anglais académique et une aptitude au travail autonome et collaboratif sont requises.