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Thèse Connectivité Fonctionnelle du Réseau Intéroceptif dans le Syndrome des Jambes sans Repos une Étude Prospective Anatomo-Clinique H/F - 33

Description du poste

Établissement : Université de Bordeaux
École doctorale : Sciences de la Vie et de la Santé
Laboratoire de recherche : Institut de neurosciences cognitives et intégratives d'Aquitaine
Direction de la thèse : Imad GHORAYEB ORCID 0000000319968049
Début de la thèse : 2026-10-01
Date limite de candidature : 2026-05-20T23:59:59

Le Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR) est une affection neurologique chronique, se manifestant par un besoin impérieux de bouger les membres inférieurs, associé à - ou provoqué par des dysesthésies. Les symptômes surviennent le soir et la nuit, sont déclenchés par le repos assis ou allongé et sont partiellement soulagés par le mouvement. La prévalence à vie du SJSR est estimée entre 7 et 10 %.
La physiopathologie du SJSR reste mal comprise, d'autant que les symptômes sensorimoteurs peuvent être accompagnés de troubles cognitifs, portant sur les fonctions exécutives et attentionnelles, ainsi que de symptômes évocateurs d'un trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Il demeure incertain si ces manifestations font partie intégrante du syndrome ou sont la conséquence d'un mauvais sommeil et/ou d'une somnolence diurne. Inversement, un état d'hypervigilance a également été rapporté chez ces patients. De manière intéressante, le TDAH serait lui aussi associé à un état d'hypervigilance, résultant d'un défaut d'intéroception, c'est-à-dire une moindre perception des signaux corporels. Des capacités d'intéroception réduites ont récemment été observées chez des patients souffrant de SJSR.
L'intéroception se définit comme la capacité à percevoir l'état physiologique de son organisme à partir des informations sensorielles provenant des organes internes. Elle permet d'identifier les signaux qui régulent les fonctions vitales et favorise des adaptations comportementales. Une intéroception dysfonctionnelle pourrait altérer l'interprétation des sensations internes, engendrant des comportements inadaptés et prédisposant à des pathologies variées : insomnie, troubles de l'humeur, TDAH, troubles du contrôle alimentaire et syndromes douloureux comme la fibromyalgie et le SJSR.
Dans le cadre du SJSR, un dysfonctionnement de l'intéroception pourrait constituer un cadre physiopathologique unificateur expliquant à la fois les symptômes sensorimoteurs, cognitifs et les comorbidités associées. L'exploration approfondie du dysfonctionnement intéroceptif, notamment par imagerie fonctionnelle de précision ciblant le cortex insulaire (CI) - siège anatomique supposé du sens intéroceptif - pourrait fournir une signature neurobiologique des symptômes du SJSR et clarifier leurs interactions.
Objectif principal :
Explorer l'association entre les capacités intéroceptives et la fluctuation diurne de la connectivité fonctionnelle du CI chez un groupe de patients comparé à des sujets sains.
Objectifs secondaires :
- Examiner la relation entre la sévérité des symptômes du SJSR, les scores d'auto-questionnaires et les capacités intéroceptives.
- Analyser l'association entre la sévérité des symptômes du SJSR et la qualité du cycle veille/sommeil évalués au quotidien par actimétrie et smartphone (Ecological Momentary Assessment/EMA).
- Évaluer la corrélation entre la fluctuation diurne de la connectivité fonctionnelle du CI et la qualité du sommeil évaluée au quotidien.
Plan d'étude :
- Type : Étude comparative patients/volontaires sains monocentrique et prospective sur 2 groupes déséquilibrés (2 :1) qui se situe dans la catégorie « Recherche Physiopathologique ».
- Participants : 20 patients SJSR et 10 volontaires sains. Les volontaires sains seront appariés au cas par cas avec les patients par âge variant de 18 à 70 ans (± 5 ans) et par sexe.
Les participants porteront un bracelet-actimètre et utiliseront une application EMA sur smartphone pendant deux semaines. Ils réaliseront une IRM matin et soir, ainsi que des tests de vigilance et d'intéroception. Les données seront analysées via des modèles statistiques multiniveaux et des approches basées sur les réseaux multicouches combinant IRMf et données comportementales.
Perspectives :
Éclairer la physiopathologie du SJSR pour mettre en place des interventions spécifiques destinées à améliorer la qualité de vie et à réduire l'impact des comorbidités associées.

Une importante littérature désigne le cortex insulaire (CI) (ou insula) comme le support anatomique du sens intéroceptif et lui attribue également un rôle majeur dans le traitement émotionnel et cognitif. Le processus d'intégration culmine dans l'insula antérieure où se chevauchent des activités liées à la perception subjective corporelle (douleur ou faim), posturale (vertige), émotionnelle, empathique et cognitive (conscience de soi). L'insula antérieure est connectée au cortex préfrontal et projette vers les centres pré-autonomiques du bulbe rachidien qui régulent les activités sympathiques et parasympathiques. Cela offre simultanément une contextualisation corporelle unifiée du vécu multisensoriel et un ajustement autonomique instantané qui pourraient être à la base de la neurobiologie du « soi » et des émotions. Les dysfonctionnements de l'insula impactent donc forcément le sens de l'intéroception et peuvent être un dénominateur commun à plusieurs troubles psychiatriques, émotionnels, douloureux et psychosomatiques (Quadt et al., 2018).
Dans le cadre du SJSR, un dysfonctionnement de l'intéroception pourrait servir de cadre physiopathologique unificateur qui permettrait de rendre compte à la fois des symptômes sensorimoteurs et cognitifs (TDAH et de l'état d'hypervigilance) caractérisant le SJSR ainsi que des comorbidités associées telles que l'anxiété, la dépression et l'insomnie/hypervigilance.
L'examen précis et approfondi de la dynamique du dysfonctionnement intéroceptif par imagerie fonctionnelle de haute précision du CI pourrait apporter une signature neurobiologique des symptômes sensorimoteurs et non-sensorimoteurs du SJSR et mieux caractériser leurs interactions.

OBJECTIF PRINCIPAL :
- Explorer l'association entre la capacité intéroceptive et la fluctuation diurne de la connectivité fonctionnelle du CI chez un groupe de patients par comparaison à un groupe contrôle de volontaires sains.
OBJECTIFS SECONDAIRES :
Explorer l'association entre :
1) Sévérité des symptômes du SJSR, scores obtenus aux différentes échelles d'évaluation et aux estimations de la capacité intéroceptive
2) Sévérité des symptômes du SJSR et qualité du sommeil et du cycle veille/sommeil évalué en vie quotidienne
3) Fluctuation diurne de la connectivité fonctionnelle du CI et la qualité de sommeil évalué en vie quotidienne

Notre hypothèse de travail serait que le dysfonctionnement du CI pourrait provoquer un comportement maladaptatif qui se traduirait par un hyper éveil et par le besoin impérieux de bouger les membres inférieurs le soir et la nuit lorsque le corps aspire au repos. Ce dysfonctionnement du CI serait plus marqué le soir chez des patients affectés par le SJSR par rapport aux sujets contrôles, à la manière de la variation circadienne de la connectivité fonctionnelle du réseau du mode par défaut observée dans
le SJSR (Ku et al., 2018). Nous chercherons à établir des corrélations entre le dysfonctionnement dynamique du CI, les capacités intéroceptives, les fluctuations de la sévérité des symptômes et de la qualité de sommeil, et la présence et sévérité des autres comorbidités associées.
Afin de vérifier notre hypothèse de travail, nous emploierons des techniques d'imagerie cérébrale de haute technicité combinées à des évaluations subjective et objective de la conscience interoceptive. D'autre part, des paramètres objectifs de cycle veillesommeil évalués par actimétrie ainsi que des données comportementales seront recueillies en vie quotidienne et en temps réel par la technologie mobile (smartphone). Ces évaluations seront menées parallèlement chez des patients affectés par le SJSR et chez un groupe contrôle de volontaires sains.
Les patients seront recrutés par l'investigateur neurologue (Dr Imad Ghorayeb) lors d'une consultation dédiée aux patients affectés par le SJSR. La consultation hebdomadaire se déroule dans le service de Neurophysiologie Clinique de l'Enfant et de l'Adulte au CHU Pellegrin. En moyenne, 6 à 7 patients sont vus en consultation par semaine, dont 1 à 2 nouveaux cas. Les volontaires sains seront recrutés à partir du fichier des volontaires sains du CHU de Bordeaux et par voie d'affichage dans les
endroits publics tels que les urgences, les salles de consultations. L'affichage comprendra le numéro de téléphone auquel contacter l'investigateur principal.
Les volontaires sains présélectionnés seront contactés par e-mail pour les informer de cette étude avec la note d'information jointe.
Entretien clinique :
L'entretien clinique et les passation des auto-questionnaires portant sur la qualité de sommeil et de la vigilance, et d'évaluation des troubles de l'humeur seront réalisés par le médecin Investigateur (Dr Imad Ghorayeb) lors de la consultation dédiée aux patients affectés par le SJSR.
Évaluation de l'interoception :
Les capacités intéroceptives seront évaluées par deux méthodes :
- Le questionnaire d'auto-évaluation : la MAIA-2
- La tâche de comptage des battements cardiaques (HBT) : cette tâche sera effectuée avant chaque séance d'IRM, le matin et le soir.
Pendant la HBT, nous demanderons aux participants confortablement assis de compter silencieusement leurs propres battements de coeur et d'estimer la fréquence des battements de coeur en se concentrant uniquement sur les sensations corporelles. Un oxymètre de pouls enregistrera les battements cardiaques réels pour permettre le calcul du score de perception des battements cardiaques.
Examen IRM du matin :
Un questionnaire relatif aux contre-indications de réalisation de l'IRM aura été adressé aux volontaires avant tout examen d'IRM. Ce questionnaire devra être complété et ramené le jour de l'examen d'IRM. La principale procédure effectuée au cours de ce protocole est une IRM multimodale (combinaison de différentes séquences). Aucune des séquences utilisées ne nécessitera d'injection de produit de
contraste, en conséquence aucune voie d'abord veineuse ne sera nécessaire.
Évaluation neuropsychologique en dehors du scanner : Les deux évaluations pre-IRM présentées ci-dessous seront conduites avant chaque examen IRM.
1- Frontal Assessment Battery (FAB) : ce test neuropsychologique d'efficience frontale permet une évaluation rapide des composantes cognitives et comportementales des fonctions exécutives (Dubois et al., 2000). La FAB est composée de 6 sous-tests (2 cognitifs et 4 comportementaux) explorant la conceptualisation, la flexibilité mentale, la programmation motrice, la sensibilité à l'interférence, le
contrôle inhibiteur et l'autonomie par rapport à l'environnement. Chaque sous-test est coté sur 3 point. Le score total est égal à la somme des résultats aux 6 sous-tests et varie donc entre 0 et 18. Ce test présente des avantages multiples : il est rapide (environ 10 minutes de passation), facile à passer et ne nécessite pas de compétences particulières de la part de l'examinateur pour repérer les déficits.
2- Test de vigilance psychomotrice : ce test permet d'évaluer simplement l'état de vigilance et d'attention des sujets par la mesure de leur temps de réaction (Dinges and Powell, 1985). Le temps de réaction (TR) est en effet une des mesures les plus utilisées et les plus efficaces pour étudier les performances en condition de fatigue et de somnolence. Ce test, qui dure 10 minutes, s'effectue sur un ordinateur (E-prime 3.0) et consiste à arrêter le défilement d'un compteur de millisecondes qui se met à défiler sur un rectangle blanc à intervalles irréguliers (2-10 sec). Les sujets sont informés qu'ils doivent arrêter le compteur le plus rapidement possible. Après l'arrêt, le TR du sujet est présenté à l'écran pendant 1 seconde, fournissant ainsi au sujet un retour sur sa performance.
Dans le scanner :
L'IRM sera réalisée à l'institut de bio-imagerie sur un imageur dédié aux activités de recherche (3T Prisma Siemens).
Lors de l'examen IRM du matin, des séquences pondérées en T1 (3D MPRAGE), en T2 (3D T2), en T2* (séquence sensible au fer), et une séquence BOLD d'IRM fonctionnelle de repos seront appliquées. Pendant l'enregistrement des séquences le battement cardiaque, la fréquence de respiration, la réponse électrodermale seront enregistrés (BIOPAC Systems UK) ainsi que le diamètre pupillaire (EyeLink1000). La durée totale de l'examen IRM du matin sera d'environ 45 minutes.
Pour l'examen IRM de fin de journée, la séquence d'IRMf BOLD sera répétée et une séquence d'IRM de diffusion sera réalisée. La durée totale de l'examen IRM de fin de journée sera d'environ 30 minutes.
Évaluation en vie quotidienne :
Un smartphone sera remis à chaque participant volontaire pour répondre à des questions. Les smartphones seront dotés d'une application programmée pour émettre des notifications quatre fois par jour pendant 2 semaines. Lorsque la notification sonne, le participant est alors invité à répondre à une session de questions directement sur le smartphone à travers l'application installée. Les notifications seront programmées pour sonner entre l'heure de réveil et de coucher spécifiées par le participant. Les notifications sonneront à des intervalles de temps sélectionnés de manière aléatoire avec toujours au moins deux heures d'intervalle entre chaque notification. A la sonnerie, le participant a 20 minutes pour répondre, sinon la session est définitivement perdue. Dès que le participant clique sur la notification, une série de questions auxquelles il est invité à répondre s'affichera sur l'écran du téléphone. La réponse à chaque question est obligatoire, sinon le participant ne pourrait pas progresser dans le déroulement de la session en cours. Répondre aux questions après le signal sonore émis par la notification dure 3 minutes environ le premier jour, mais le temps de réponse diminue après avoir compris le fonctionnement de l'application. Les variables évaluées dans le questionnaire sont : le lieu où se trouve le participant (par exemple : chez soi, chez un ami), son entourage social et son activité principale au moment du signal (travail, repos, sport ..), l'humeur du moment, les émotions positives et négatives ressenties ainsi que d'autres variables telles que la qualité et quantité de son sommeil, l'état de vigilance du moment, la composition de ses repas, la consommation de substances.
Chaque participant sera également équipé d'un bracelet-actimètre porté à son poignet pendant deux semaines pour évaluer son rythme veille-sommeil de manière continue et afin d'évaluer l'interaction entre qualité/durée de sommeil, sévérité du SJSR, réponses obtenues aux auto-questionnaires (ISI, ESS, HADS, ASRS, PSAS, APS et MAIA-2) et variables recueillies par l'EMA. L'actimètre consiste en un accéléromètre étanche. Il est largement utilisé en routine médicale pour explorer de manière ambulatoire le cycle veille-sommeil chez des patients souffrant de trouble de sommeil, de la vigilance, et/ou de troubles du rythme circadien.

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