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Thèse Évaluation Multimodale de Deux Interventions Corporelles Non Médicamenteuses pour la Réduction du Stress chez les Femmes Mécanismes Physiologiques Cérébraux et Psychologiques et Perspectives H/F - 33

Description du poste

Établissement : Université de Bordeaux
École doctorale : Sciences de la Vie et de la Santé
Laboratoire de recherche : Institut des Maladies Neurodégénératives
Direction de la thèse : Laure ZAGO ORCID 0000000182352154
Début de la thèse : 2026-09-01
Date limite de candidature : 2026-05-20T23:59:59

Le stress chronique constitue un facteur majeur de vulnérabilité pour la santé mentale et cognitive, particulièrement chez les femmes âgées de 40 à 60 ans, période marquée par des transitions hormonales, émotionnelles et psychosociales importantes. Cette exposition prolongée au stress entraîne une dérégulation de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, une diminution du tonus vagal, une hyperactivation des réseaux cérébraux de la rumination, ainsi qu'une augmentation du risque de déclin cognitif et de maladies neurodégénératives. Malgré ces enjeux, les stratégies non médicamenteuses, accessibles et scientifiquement validées, restent insuffisamment documentées dans cette population.
Ce projet de thèse vise à étudier de manière multimodale l'efficacité et les mécanismes d'action de deux interventions corporelles non invasives : un massage facial ciblant le système musculo-aponévrotique superficiel (SMAS) et une relaxation audio-guidée centrée sur l'intéroception du visage. Ces deux approches, l'une sensorielle et exogène, l'autre intéroceptive et endogène, mobilisent potentiellement des voies distinctes de régulation autonome et cérébrale. L'objectif central est de comparer leurs effets immédiats et cumulatifs sur : (1) des marqueurs physiologiques (variabilité de la fréquence cardiaque, respiration, conductance cutanée), (2) la connectivité fonctionnelle du cerveau au repos, et (3) des indicateurs psychologiques tels que le stress perçu, l'anxiété, le bien-être subjectif, la conscience corporelle et la reconnaissance des émotions.
Deux études complémentaires seront menées : une étude expérimentale intra-sujet évaluant les effets immédiats de chaque intervention, suivie d'un protocole longitudinal de huit semaines comparant les effets répétés dans deux groupes indépendants. Les données seront acquises à l'aide d'instruments de psychophysiologie et d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, en s'appuyant notamment sur les atlas de connectivité développés au sein du laboratoire.
Ce projet apportera des connaissances inédites sur les mécanismes corporels de la régulation du stress et sur le rôle du visage comme interface thérapeutique. Les résultats guideront le développement de stratégies personnalisées de prévention du déclin neurocognitif et favoriseront l'intégration de ces interventions dans les soins de support destinés aux femmes les plus vulnérables.

Le stress chronique représente aujourd'hui un enjeu majeur de santé publique, en raison de ses effets délétères sur la santé mentale, émotionnelle et cognitive. Il se caractérise par une activation prolongée des systèmes neurobiologiques du stress, en particulier l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA), entraînant une sécrétion excessive et durable de cortisol. De nombreuses études ont documenté l'impact neurotoxique de cette hypercortisolémie sur des régions cérébrales clés, notamment l'hippocampe, l'amygdale et le cortex préfrontal, avec des conséquences directes sur la mémoire, la régulation émotionnelle et la prise de décision (Knezevic et al., 2023). Le stress chronique contribue également au vieillissement cérébral par des mécanismes de stress oxydatif, d'altération mitochondriale et d'accumulation de protéines neurotoxiques telles que l'amyloïde- et la protéine tau (Ionescu-Tucker & Cotman, 2021).
Cette vulnérabilité est particulièrement marquée chez les femmes âgées de 40 à 60 ans, période durant laquelle les fluctuations hormonales de la transition ménopausique interagissent avec des facteurs psychosociaux (charge mentale, contraintes professionnelles et familiales). Les femmes présentent un risque accru de troubles anxieux, de dépression et de déclin cognitif, ainsi qu'une sensibilité accrue à l'impact du stress sur les réseaux cérébraux et le métabolisme neuronal. Des études récentes montrent que des niveaux élevés de cortisol chez les femmes postménopausées sont associés à une réduction du métabolisme des régions frontales et à une accumulation accrue de dépôts amyloïdes, marqueurs précoces du risque de maladie d'Alzheimer (Mosconi et al., 2024). Ces données soulignent la nécessité de stratégies de prévention adaptées, non invasives et fondées scientifiquement.
Dans ce contexte, les interventions corporelles non médicamenteuses (INM) apparaissent comme des leviers prometteurs. Elles mobilisent des mécanismes bottom-up issus des stimulations sensorielles, proprioceptives ou intéroceptives, capables d'influencer la régulation autonomique, l'activité cérébrale et l'état émotionnel. La variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), biomarqueur de l'activité vagale, constitue un indicateur fiable de régulation du stress : une VFC élevée est associée à une meilleure flexibilité cognitive et émotionnelle, tandis qu'une VFC faible reflète un état de stress chronique ou d'hyperactivation sympathique (Arakaki et al., 2023 ; da Estrela et al., 2021).
Par ailleurs, les avancées en neuroimagerie démontrent que les INM peuvent moduler la connectivité fonctionnelle de réseaux impliqués dans l'intéroception, l'attention consciente, la régulation émotionnelle et la rumination, en particulier le Default Mode Network (DMN), l'insula antérieure et le cortex cingulaire antérieur (Chen et al., 2021 ; Vago & Zeidan, 2016). Ces effets semblent s'exprimer de manière différenciée selon la modalité corporelle engagée.
Le visage constitue un terrain d'investigation particulièrement intéressant. Siège de la communication émotionnelle, il est fortement impacté par le stress, qui induit tensions musculaires, hypomobilité expressive et altération des signaux sociaux (Blasberg et al., 2023). Les théories de la simulation incarnée suggèrent que l'activation musculaire faciale influence la reconnaissance des émotions et les mécanismes socio-émotionnels (Argaud et al., 2018). Cependant, la contribution du visage comme interface thérapeutique - via le massage facial ou l'intéroception guidée - reste largement sous-explorée.
Ainsi, dans un contexte où les femmes représentent un groupe à risque encore insuffisamment étudié, il existe un besoin urgent de comprendre comment des interventions corporelles ciblées peuvent agir sur les mécanismes physiologiques et neurofonctionnels du stress. Le projet de thèse NEUROFEMZEN s'inscrit pleinement dans cette dynamique, en proposant une approche multimodale innovante combinant physiologie, psychologie et neuroimagerie pour éclairer les effets de deux interventions corporelles sur la santé mentale et cognitive des femmes.

L'approche méthodologique du projet NEUROFEMZEN repose sur une stratégie intégrative combinant psychophysiologie, neuroimagerie fonctionnelle, évaluation psychométrique et interventions corporelles standardisées. Elle s'articule en deux études complémentaires visant à caractériser les effets immédiats puis cumulatifs du massage facial et de la relaxation audio-guidée sur la régulation du stress chez les femmes âgées de 40 à 60 ans présentant un stress chronique.
Population et critères de sélection
Les participantes seront des femmes âgées de 40 à 60 ans, période associée à une vulnérabilité accrue au stress en lien avec les transitions hormonales, psychosociales et neuroendocriniennes. Les critères d'inclusion comprennent :
un stress perçu modéré à élevé depuis au moins deux mois (questionnaires PSS, STAI-T) ;
l'absence de pathologie neurologique ou psychiatrique non stabilisée ;
l'absence de contre-indication à l'IRM ;
aucune prise de traitement influençant la régulation autonomique (p. ex., bêtabloquants, benzodiazépines).
Les critères d'exclusion suivent les recommandations du CPP (claustrophobie sévère, anomalies IRM non désirées, grossesse, troubles aigus, majeures protégées, etc.).
Interventions étudiées
2.1 Massage facial (stimulation exogène, sensorielle)
Intervention manuelle de 15-20 minutes (étude 1) ou 45 minutes (étude 2), appliquée à pression modérée par des thérapeutes certifiés. Le protocole cible le Système Musculo-Aponévrotique Superficiel (SMAS), structure clé de la mimique faciale impliquée dans l'expression émotionnelle. La pression modérée est documentée pour activer les mécanorécepteurs cutanés et réduire les biomarqueurs de stress.
2.2 Relaxation audio-guidée (stimulation endogène, intéroceptive)
Séance guidée centrée sur la respiration, la conscience des tensions faciales et l'intéroception du visage. Elle reproduit la phase initiale d'un body scan ciblé, sans stimulation tactile. Cette modalité mobilise les réseaux cérébraux de l'attention, de l'intéroception et de la régulation émotionnelle.
Les deux interventions seront strictement standardisées afin d'assurer leur reproductibilité et de limiter les effets inter-thérapeutes.
Étude 1 - Effets immédiats : protocole expérimental intra-sujet
Objectif: Comparer les effets immédiats d'une séance unique de massage facial et de relaxation audio-guidée sur les marqueurs physiologiques et psychologiques du stress.
Design:
Étude intra-sujet (n = 30), avec contrebalancement de l'ordre des interventions.
Trois temps de mesure :
T0 (pré-intervention) : VFC, respiration, conductance cutanée, questionnaires (stress, anxiété, relaxation, agréabilité).
Intervention 1 (massage ou relaxation).
T1 (post 1) : mesures physiologiques et psychologiques.
Intervention 2 (modalité restante).
T2 (post 2) : mesures physiologiques et psychologiques.
Variables primaires
Variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) : analyses temporelles et fréquentielles.
Stress perçu et états de relaxation.
Variables secondaires
Respiration, conductance cutanée, agréabilité, somnolence, test de reconnaissance des émotions (Geneva Emotion Recognition Test).
Cette étude permet d'isoler les effets immédiats et de caractériser les mécanismes initiaux de chaque modalité.
Étude 2 - Effets cumulatifs : protocole longitudinal randomisé
Objectif
Identifier les effets durables d'un programme de 8 séances hebdomadaires sur la physiologie, la psychologie et la connectivité cérébrale intrinsèque.
Design
Étude randomisée intergroupes (n = 60) :
Groupe 1 : Massage facial (8 séances x 45 min),
Groupe 2 : Relaxation audio-guidée (8 séances x 45 min).
Mesures
T0 (pré-programme) : VFC, respiration, questionnaires complets, IRM fonctionnelle de repos (rs-fMRI).
Séances 1 à 7 : mesures physiologiques avant et après chaque intervention.
T8 (post-programme) : VFC, questionnaires, rs-fMRI.
Analyses neurofonctionnelles
Les données IRM seront analysées à l'aide des atlas de réseaux du repos développés dans le laboratoire (GINNA et autres outils internes), permettant d'examiner :
le Default Mode Network (DMN),
les réseaux somatosensoriels,
les réseaux intéroceptifs (insula, cortex cingulaire antérieur),
les circuits fronto-pariétaux impliqués dans la régulation émotionnelle.
Des analyses de connectivité (corrélation, graphes, connectivité dynamique) permettront de caractériser les adaptations cérébrales aux interventions répétées.

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